Tende: il allait ouvrir son premier restaurant quand soudain, le confinement

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Après quelques travaux et un changement de nom, Thomas Vensan était fin prêt à se mettre aux fourneaux.

Son histoire avait commençé un peu comme un conte de Noël. En décembre dernier, Thomas Vensan, chef de cuisine depuis 5 ans au collège de Breil sur Roya (Alpes-Maritimes), apprend qu'un restaurant de Tende, la commune voisine, est en liquidation judiciaire. Un établissement aux allures de chalet de montagne, avec sa terrasse face à la place du marché.

Un emplacement idéal pour monter sa première affaire : "Cela faisait 3-4 ans que je réfléchissais à ce projet. C'était l'opportunité !" Il dépose donc un dossier. Le 23 décembre, le tribunal lui donne une réponse favorable. ”C'était un très beau cadeau de Noël!” Thomas Vensan

Commence alors un marathon d'un mois pour finaliser l'achat. "Avec mon avocat, on a fait le maximum et on y est arrivé !"
 

Un chalet et des produits locaux

Thomas Vensan fait quelques travaux et recherche un employé pour gérer la salle. "Le précédent propriétaire m'a laissé pas mal d'affaires, j'avais tout pour commencer !". Côté carte, un choix affirmé : des produits locaux et de saison. "Je veux faire travailler les commerçants de la vallée", explique le jeune homme de 28 ans.

"Le p'tit chez soi" devient "Le chalet provençal". Ouverture prévue : première semaine d'avril. ”C'était la première fois que j'allais gérer un employé, m'occuper des factures… J'ai fait un prêt à la banque et j'étais dans les temps pour ouvrir.” Thomas Vensan

 

"J'étais déçu"

Tout roule jusqu'à la mi-mars. Face à l'évolution de l'épidémie de coronavirus en France, le Premier ministre Edouard Philippe annonce la fermeture des bars et restaurants le 14 mars. "Je m'en doutais un peu parce que ça commençait à devenir grave", explique le cuisinier tendasque. ”Je ne l'ai pas super bien vécu sur le moment parce que j'étais déçu. J'étais prêt, j'avais tout fait pour y arriver !”Thomas Vensan

Deux jours plus tard, le confinement est décrété par le président Emmanuel Macron. Son employé et lui sont depuis au chômage. "La société n'est pas encore en route, je n'ai pas d'aide. Je vis avec le salaire de ma femme. C'est un peu dur." L'ancien élève du lycée hôtelier Paul Augier (Nice) n'a aucun regret et attend désormais les décisions gouvernementales pour pouvoir enfin démarrer. D'ici là, il réfléchit à faire des plats à emporter quand le déconfinement aura commencé. (https://france3-regions.francetvinfo.fr/provence-alpes-cote-d-azur/alpes-maritimes/tende-il-allait-ouvrir-son-premier-restaurant-quand-soudain-confinement-1820182.html)