Des entreprises fauchées en plein envol par le Covid-19

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Extrait: corsematin.com

Les entreprises de Corse souffrent terriblement de ce confinement décidé à la mi-mars par le gouvernement. Cette décision a effectivement permis d'économiser bon nombre de vies et préservé le système hospitalier d'une implosion. D'un point de vue économique, on le sait, les effets sont catastrophiques.

En Plaine orientale, les entreprises locales encaissent le coup. Pour les plus récentes d'entre elles, le choc n'est pas très loin d'un uppercut décoché par Mike Tyson lui-même.

Dans la microrégion, deux projets avaient vu le jour au mois de décembre dernier. Le premier, un bowling agrémenté d'un laser-game et d'un trampo park auquel est accolé un restaurant, est implanté sur la zone artisanale de Ventiseri, en un lieu de passage éminemment stratégique. Les dirigeants, deux frères, Didier et Patrice Gulli, ont dû à l'époque persuader leur banque du bien-fondé de leur projet. Et les premiers mois d'exploitation leur ont donné raison. Le parking est rempli, les pistes regorgent de joueurs et le restaurant fait souvent salle pleine sans parler de la salle d'étage réservée aux anniversaires et autres fêtes familiales.

Mais, en plein essor, le chiffre d'affaires florissant s'est réduit à peau de chagrin. L'établissement doit fermer ses portes au grand désarroi de la fratrie : "Nous avons investi deux millions et demi d'euros dans le projet. Aujourd'hui, les traites du crédit courent toujours même si le report se profile. Treize personnes ont été mises en chômage partiel et l'aide promise par l'État en ce domaine vient tout juste de tomber lundi. Pour l'heure, les charges fixes restent conséquentes, l'électricité, l'eau, la téléphonie, les frais d'assurance", détaillent Patrice et Didier. Qui ajoutent : "On nous avait demandé de fermer même avant le confinement puisque nous avions une capacité d'accueil de plus de cent personnes. Pour la réouverture, on ne sait pas quand est-ce que cela va être car on accueille beaucoup de monde. En plus du restaurant, on a le bar, le bowling, le trampo park, le laser-game."

Les visages des deux frères sont graves. L'incertitude plane sur l'avenir de la structure. Les deux patrons l'affirment avec inquiétude : "Nous ne pourrons rouvrir que lorsque nous n'aurons aucune restriction car il ne nous est impossible de garantir un taux de rentabilité suffisant. Si, en octobre, nous ne parvenons à cette normalité, effectivement, nous aurons vraiment de quoi nous inquiéter."

Le choc est un peu moins rude pour la boulangerie-pâtisserie et salon de thé Dolc'Elina. Inaugurée également en décembre à Ghisonaccia, la structure répond au besoin des habitants de la région. Ouverte en temps normal sept jours sur sept, elle propose aux clients, du matin tôt au soir tard, du pain et des pâtisseries élaborés dans un laboratoire moderne situé à l'arrière de l'édifice. Ici, pas de pain précuit ou de pâtisseries congelées. De la pâte faite maison aux garnitures pâtissières, tous les produits sont réalisés sur place. À l'instar du bowling, la boulangerie connaît tout de suite un franc succès ainsi que le salon de thé attenant. Tous les voyants sont au vert et puis patatras. La check-list d'urgence est dépliée lorsque le virus se présente. Il faut sauver Dolc'Elina qui a la chance toute relative de pouvoir se débrouiller en tant que structure proposant des produits alimentaires : "Nous avons dû mettre en chômage partiel nos quinze employés. Le chiffre d'affaires actuel n'est que 18 % de ce que nous avions l'habitude de faire depuis notre ouverture. Tout le snacking ainsi que l'activité salon de thé sont réduits à néant. Nos charges fixes restent difficiles à supporter, entre autres la location des locaux, l'électricité, l'eau, etc. Nous avons été complètement coupés dans notre élan", constate Lila, gérante de l'enseigne.