Sud-Aveyron : cette "inégalité face aux grandes surfaces" qui agace les producteurs

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Depuis le début du confinement, de nombreux marchés aveyronnais ont été suspendus jusqu’à nouvel ordre par "mesure de précaution", selon la préfecture.

Face à cette situation, des commerçants et producteurs dénoncent le manque d’égalité de traitement face à l’autorisation d’ouverture dans la grande distribution.

À Saint-Affrique, comme ailleurs, le marché de plein-vent est devenu, au fil des années, une véritable institution. C’est donc un cri d’alarme que lancent plusieurs producteurs locaux, habitués des marchés réputés dans le Sud-Aveyron.

"Nous avions un dossier qui a été porté jusqu’à Rodez dans lequel toutes les mesures de précautions étaient prises. J’aimerais que l’on m’explique aujourd’hui pourquoi on nous dit non alors qu’on a constitué un dossier qui, je pense, est plus solide que ce qui peut se faire en grande surface où les gens se baladent dans les rayons, touchent les légumes, les reposent, se croisent", se désole Laurent Puig qui vend des plats à emporter sur Millau et Saint-Affrique.

Un appel qui intervient alors que le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, vient tout juste de demander aux maires et préfets de favoriser le retour des halles et marchés en plein air. Dans cette dérogation refusée en préfecture, le marché devait être délocalisé à l’école Blanchard, à Saint-Affrique, pour contrôler le flux de visiteurs.

Un écart était prévu entre chaque exposant et client, la clientèle était tenue à un mètre des stands, seuls les vendeurs pouvaient toucher les produits et du gel hydroalcoolique était mis à disposition. Les entrées et les sorties devaient aussi être contrôlées avec un système de double encaissement pour éviter la circulation de la monnaie et donc, du virus potentiel.

"Si aujourd’hui, rien n’est fait, ce n’est pas sûr que, demain, on connaisse encore la vie des marchés. Il s’agit là du maintien des producteurs locaux. C’est une aubaine pour la grande distribution", s’exclame Laurent Puig.

Libero Persici est, lui, président de l’Acem, l’association du marché de plein-vent de Saint-Affrique, mais aussi un paysan boulanger qui a dû réduire d’un tiers sa production comme beaucoup de producteurs.

Pour lui, c’est l’incompréhension : "C’est notre devoir de participer à alimenter la population, cela relève de l’intérêt général. L’État peut apporter des dérogations. Je ne vois pas pourquoi les supermarchés pourraient fonctionner alors qu’on a nous aussi la marchandise sous la main et que l’on contribue à la même mission. Le refus de cette dérogation nous est incompréhensible au regard de toutes les mesures sanitaires que nous avions proposé", regrette-t-il.

La préfecture de l’Aveyron rappelle, quant à elle, qu’elle a accepté l’ouverture de quelques petits marchés sur des petites communes sur l’ensemble du territoire tels que ceux de Nant, Saint-Rome-de-Tarn, La Cavalerie, Saint-Martin-du-Larzac ou Saint-Sernin-sur-Rance pour le secteur du Sud Aveyron.

Pour rappel, depuis fin mars, pour pallier l’annulation du marché de plein air de Saint-Affrique, l’association Alterna’Bio a mis sur pied un plan B. Un système de commande en ligne (*) de paniers de producteurs locaux avec un retrait de marchandises à la salle des fêtes de la commune. Une vingtaine de producteurs ont pu fournir leurs produits distribués à une centaine d’habitants.

Quant à Millau, hormis les halles, la salle du Beffroi n’accueille que quelques courageux avec leurs fromages. (https://www.midilibre.fr/2020/04/14/cette-inegalite-face-aux-grandes-surfaces-qui-agace-les-producteurs,8845322.php?fbclid=IwAR3QOqiKe2Gx0YXBDna3l0m-h797LiyXHIalmUGF06nBMNbugp73aeYFuF4)