Adrien Gloaguen jongle entre hôtels fermés et chantiers en cours

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À la tête de trois établissements à Paris, de deux en travaux, toujours dans la capitale, et d'un à Londres, dont il vient de finaliser l'achat par e-mail, l'hôtelier prépare déjà 'l'après'.

L’Hôtellerie Restauration : Vos trois hôtels parisiens sont-ils ouverts, fermés, en veille  ?

Adrien Gloaguen : Au début du confinement, il restait des clients que nous avons tous réunis à l’hôtel Bienvenue [Paris, IXe, NDLR]. Puis, ils sont rentrés chez eux au bout de deux ou trois jours, le temps d’organiser leur retour. À présent, nos trois établissements sont vides, fermés et, en douze ans dans l’hôtellerie, je n’ai jamais vu ça ! Je n’ai jamais vu un hôtel fermer ses portes.

 

D’un point de vue sécurité, comment vous êtes-vous organisé ?

Tous nos hôtels disposent de caméras que je peux visionner depuis mon ordinateur, chez moi. Je passe également tous les jours devant chaque établissement. À cela s’ajoute un voisinage attentif. En effet, les voisins m’appellent au moindre doute. A titre d’exemple, une voisine du Panache [IXe] m’a envoyé un message sur Instagram, parce qu’elle avait vu deux fenêtres ouvertes. J’y suis allé, pour vérifier et ce n’était que le vent qui les avait poussées… Seconde anecdote, toujours au Panache : une autre voisine m’a prévenu qu’un SDF s’était installé dans le sas juste devant l’entrée. Mais je ne l’ai pas délogé. Au contraire, s’il se sent à l’abri, ici, le temps du confinement, il peut rester.

 

Vous avez également deux établissements actuellement en chantier à Paris : les travaux sont-ils stoppés ?

Oui, les deux chantiers sont arrêtés. À l’hôtel Les Deux Gares [Xe], il ne reste plus que les finitions de peinture à réaliser et le mobilier à réceptionner. Nous devions ouvrir ce printemps, mais ce sera plutôt cet été. Côté sécurité, l’un de nos salariés habite à côté : il passe donc chaque jour pour vérifier que tout va bien. Quant à l’Hôtel Rochechouart [IXe], projet mené avec Louis Solanet, il reste encore beaucoup de travaux à faire. C’est un hôtel de 110 chambres avec rooftop et brasserie de 150 couverts au rez-de-chaussée, devant lequel je passe tous les jours. Mais nous ne savons pas quand ce chantier va pouvoir reprendre, ni à quelle cadence. Pour le moment, nous misons sur une ouverture en septembre prochain.

 

Quant à votre projet d’hôtel à Londres, où en êtes-vous ?

J’ai finalisé l’achat le 9 avril dernier par échange d’e-mails et signature électronique. Ne pouvant pas être sur place, le vendeur va lui-même donner les clés au chef de chantier. D’autant qu’à Londres, les chantiers ne sont pas interdits d’accès. Il est donc prévu de démarrer le curage, c’est-à-dire la dépose des moquettes et du mobilier. En revanche, nous allons devoir patienter pour amorcer la phase de reconstruction du bâtiment.

 

Actuellement, à Paris, toutes vos équipes sont-elles au chômage partiel ?

Oui. Exceptés les directeurs d’hôtels, qui sont en télétravail. Et pour les salariés au chômage partiel, nous complétons leurs indemnités, pour qu’ils perçoivent l’équivalent de leur salaire durant tout le confinement.

 

Vous continuez à communiquer sur les réseaux sociaux, alors que vos hôtels sont fermés. Pourquoi ce choix ?

Dans un premier temps, nous avons posté des recettes de nos chefs, puis nous avons proposé une playlist et actuellement ce sont des photos de clients venus dans nos hôtels pendant l’année… À chaque fois, ce sont des images positives. C’est notre façon de dire : restez chez vous ! On est là, on pense à vous.

 

Comment préparez-vous “l’après” ?

Avec les directeurs d’hôtels, nous travaillons sur des scénarios à J-7, jour J et J+7, par rapport à la date de fin du confinement. Ainsi, nous avons commandé des masques et des gants, car lorsque nous allons rouvrir, nous voulons faire comprendre aux clients qu’en sortie de crise sanitaire, nous faisons attention à l’hygiène. Mais se projeter, c’est aussi penser, en amont du redémarrage, à contrôler les canalisations, les robinets, les fuites d’eau possibles… Nous réfléchissons également au nombre de salariés qui seront nécessaires au moment où tout va repartir.